Table des matières
- La réponse courte : ce qui sépare la relation d’aide de la psychothérapie
- Ce que la Loi 21 réserve, exactement
- Comment on reconnaît une psychothérapie
- Trois situations, trois réponses
- Ce qu’un thérapeute en relation d’aide fait, et ne fait pas
- Relation d’aide, coaching, psychothérapie : le tableau
- Comment se former en relation d’aide, légalement
- Les questions qu’on nous pose le plus souvent
- Par où commencer
À retenir
- Depuis le 21 juin 2012, la psychothérapie et le titre de psychothérapeute sont réservés par la loi au Québec.
- La loi elle-même dit que l’aide aux difficultés courantes, le conseil et le soutien ne sont pas de la psychothérapie.
- Ce qui compte, ce n’est pas le nom de ta pratique, mais ce que tu fais : traitement psychologique, trouble visé, changements recherchés.
- Un thérapeute en relation d’aide écoute, soutient, accompagne, et dirige vers un professionnel autorisé quand un traitement est nécessaire.
Tu veux accompagner des gens qui traversent une période difficile. Et quelque part, une question te retient : est-ce que j’ai le droit ?
La question est saine. Au Québec, une partie de ce travail est réservée par la loi, et l’autre ne l’est pas. La frontière entre les deux s’appelle la Loi 21.
Voici ce qu’elle dit vraiment, ce qu’un thérapeute en relation d’aide fait et ne fait pas, et comment se former sans jamais franchir la ligne.
La réponse courte : ce qui sépare la relation d’aide de la psychothérapie
La psychothérapie est un traitement psychologique, réservé par la loi depuis le 21 juin 2012. La relation d’aide accompagne une personne dans ce qu’elle vit, sans offrir de traitement pour un trouble. La différence ne tient pas au nom qu’on donne à sa pratique : elle tient à ce qu’on fait, pour qui, et dans quel but.
C’est un point que beaucoup de gens ratent. Appeler son service « relation d’aide », « coaching » ou « accompagnement » ne protège de rien si, dans les faits, on offre un traitement psychologique. L’inverse est aussi vrai : écouter quelqu’un avec empathie n’a jamais été réservé à personne.
Ce que la Loi 21 réserve, exactement
La Loi 21 est le nom courant du projet de loi qui a modifié le Code des professions en matière de santé mentale et de relations humaines. Depuis le 21 juin 2012, l’exercice de la psychothérapie et le titre de psychothérapeute sont réservés par la loi.
L’article 187.1 du Code des professions définit la psychothérapie ainsi : « un traitement psychologique pour un trouble mental, pour des perturbations comportementales ou pour tout autre problème entraînant une souffrance ou une détresse psychologique qui a pour but de favoriser chez le client des changements significatifs dans son fonctionnement cognitif, émotionnel ou comportemental, dans son système interpersonnel, dans sa personnalité ou dans son état de santé. Ce traitement va au-delà d’une aide visant à faire face aux difficultés courantes ou d’un rapport de conseils ou de soutien. »
La dernière phrase est la plus importante pour toi. La loi elle-même dit que l’aide aux difficultés courantes, le conseil et le soutien ne sont pas de la psychothérapie.
Qui peut l’exercer ? Les membres du Collège des médecins et de l’Ordre des psychologues du Québec, ainsi que les détenteurs d’un permis de psychothérapeute. Ce permis est notamment délivré à des membres de sept autres ordres professionnels, dont les travailleurs sociaux, les infirmières et les sexologues.
Comment on reconnaît une psychothérapie
Les ordres professionnels se sont entendus sur une méthode, publiée par l’Ordre des psychologues du Québec dans un document de consensus interordres. Pour qu’une intervention soit de la psychothérapie, trois éléments doivent être présents en même temps :
- Sa nature.C’est un traitement psychologique. Selon le document, c’est l’élément qui départage le plus clairement la psychothérapie des autres interventions.
- Son objet.Un trouble mental, des perturbations comportementales ou un problème qui entraîne une souffrance ou une détresse psychologique.
- Son objectif.Des changements significatifs dans le fonctionnement de la personne.
Un seul élément ne suffit pas. Accompagner une personne en souffrance n’est pas, à lui seul, de la psychothérapie. Ce qui la définit, c’est la rencontre des trois.
Le même document précise un détail qui surprend souvent : le consentement de la personne ne change rien. Quelqu’un peut accepter des séances appelées « coaching » alors qu’on lui offre, en réalité, de la psychothérapie.
Trois situations, trois réponses
La loi se comprend mieux avec des cas concrets. Voici trois situations comme on en rencontre en pratique, lues avec les trois éléments de la définition : la nature, l’objet et l’objectif. Les prénoms et les situations sont inventés pour l’exemple.
Julie a perdu sa mère il y a quatre mois
Elle a de la peine, elle a envie d’en parler, et elle continue d’aller travailler. Personne ne lui a parlé d’un trouble. Elle cherche quelqu’un pour l’écouter et l’aider à traverser cette période.
Ta place : c’est de la relation d’aide. Un deuil est une épreuve de la vie, et l’accompagner, c’est soutenir, écouter, donner des repères. Si, au fil des rencontres, la peine s’installe au point de l’empêcher de fonctionner, la situation a changé : c’est le moment de la diriger vers un professionnel autorisé.
Marc a reçu un diagnostic de dépression
Il te demande de « travailler sur sa dépression » pour aller mieux. Ici, les trois éléments sont réunis : un trouble mental, un traitement psychologique demandé, des changements significatifs recherchés.
Ta place : ce qu’il demande est de la psychothérapie, et elle ne t’est pas permise. Tu n’as pas à fermer la porte pour autant : tu peux l’écouter, et l’aider à trouver une ressource autorisée qui pourra lui offrir ce traitement.
Sophie veut mieux vivre les conversations difficiles au travail
Elle est gestionnaire, elle va bien, et elle voudrait aborder les tensions de son équipe avec plus d’aisance. Elle n’est ni en détresse ni en souffrance.
Ta place : ce n’est pas de la psychothérapie. Selon la façon dont tu l’accompagnes, c’est de la relation d’aide ou du coaching, et ni l’un ni l’autre n’est réservé.
Le fil conducteur des trois cas est le même : ce n’est pas le sujet abordé qui trace la ligne, c’est ce que la personne vit et ce que tu lui offres.
Ce qu’un thérapeute en relation d’aide fait, et ne fait pas
Le consensus interordres le dit en toutes lettres : écouter, soutenir avec empathie, accompagner, conseiller, enseigner, éduquer, faire prendre conscience « constituent un ensemble d’interventions que peuvent offrir tous les professionnels et autres intervenants de la santé mentale et des relations humaines ».
Concrètement, un thérapeute en relation d’aide :
- Accompagneune personne qui traverse un deuil, une rupture, une transition de carrière, un stress qui dure.
- Écoute sans jugeret l’aide à mettre des mots sur ce qu’elle vit.
- Soutienten s’appuyant sur ses forces et ses ressources, et lui donne des repères.
- Dirige vers un professionnel autoriséquand la situation demande un traitement.
Ce qu’il ne fait pas : offrir un traitement psychologique pour un trouble mental, poser un diagnostic, ou se présenter comme psychothérapeute. C’est exactement l’esprit dans lequel on forme à l’Institut : écouter sans juger, accompagner sans sauver, soutenir sans diagnostiquer.
Savoir passer le relais n’est pas un aveu de faiblesse. C’est une compétence professionnelle, et c’est elle qui protège la personne que tu accompagnes.
Relation d’aide, coaching, psychothérapie : le tableau
Le consensus interordres définit plusieurs interventions qui ressemblent à la psychothérapie sans en être. Parmi elles, la rencontre d’accompagnement, l’intervention de soutien et le coaching. Voici comment elles se comparent.
| Relation d’aide | Coaching | Psychothérapie | |
|---|---|---|---|
| Pour qui | Une personne qui traverse des difficultés de la vie courante | Une personne « ni en détresse ni en souffrance » | Une personne aux prises avec un trouble mental, des perturbations ou une détresse psychologique |
| Le but | Soutenir, permettre de s’exprimer, conseiller | L’actualisation du potentiel | Des changements significatifs dans le fonctionnement |
| Encadrement | Non réservée | Non réservé | Réservée par la loi depuis le 21 juin 2012 |
| Qui l’offre | Des intervenant·es formé·es, dont les thérapeutes en relation d’aide | Des coachs | Médecins, membres de l’Ordre des psychologues, détenteurs du permis de psychothérapeute |
Le document fait aussi une remarque qui vaut d’être retenue : l’expression « relation d’aide » ne désigne pas une intervention particulière, mais le type de relation qu’on établit pour aider. Ce sont tes gestes, pas l’étiquette, qui disent de quel côté de la ligne tu te trouves.
Comment se former en relation d’aide, légalement
Se former en relation d’aide est parfaitement légal. Ce qui compte, c’est d’apprendre le métier avec ses limites, et de porter un titre qui correspond à ce qu’on fait.
Le parcours de thérapeute en relation d’aide 1150 h de l’Institut est reconnu par le Groupe RITMA, qui accorde à ses membres le titre de thérapeute en relation d’aide. Il se suit en ligne : la base à ton rythme, puis deux sessions en direct, en ligne, aux dates de la cohorte.
Ce titre, tu peux l’afficher sans crainte. Celui de psychothérapeute, non, et aucune formation en relation d’aide ne peut te le donner. Une école qui laisserait entendre le contraire te mettrait dans une position délicate.
Pour voir ce que chaque association reconnaît, la page certifications et accréditations les compare côte à côte.
Les questions qu’on nous pose le plus souvent
Un thérapeute en relation d’aide peut-il se dire psychothérapeute ?
Non. Depuis le 21 juin 2012, le titre de psychothérapeute est réservé par la loi aux médecins, aux membres de l’Ordre des psychologues du Québec et aux détenteurs d’un permis de psychothérapeute. Le thérapeute en relation d’aide porte le titre de son association, par exemple celui que le Groupe RITMA accorde à ses membres.
Le mot « thérapie » est-il interdit ?
Non. Selon le consensus interordres, le mot thérapie a un sens générique et renvoie à plusieurs interventions, dont plusieurs ne sont pas réservées. Ce qui est réservé, c’est la psychothérapie et le titre de psychothérapeute. Le mot ne te met pas en faute ; offrir un traitement psychologique, si.
Puis-je accompagner quelqu’un qui a un diagnostic de santé mentale ?
Tu peux l’écouter et la soutenir dans sa vie courante. Tu ne peux pas lui offrir un traitement psychologique de son trouble : c’est le rôle d’un professionnel autorisé, vers qui tu la diriges. En cas de doute, le réflexe est toujours le même : passer le relais.
Le coaching, c’est de la relation d’aide ?
Ce sont deux interventions voisines. Le consensus interordres décrit le coaching comme l’actualisation du potentiel d’une personne qui n’est ni en détresse ni en souffrance. La relation d’aide, elle, accompagne aussi des personnes qui vivent une période difficile, sans aller jusqu’au traitement.
Par où commencer
Si ce qui t’appelle, c’est d’accompagner des gens dans ce qu’ils traversent, la relation d’aide est un vrai métier, avec un cadre clair. La Loi 21 n’est pas un mur : c’est une ligne, et elle est facile à respecter quand on la connaît.
La page du parcours 1150 h détaille le déroulement, les sessions en direct et les prix. Prends le temps de la lire, et garde tes questions sous la main : on est là pour y répondre.










