Table des matières
- 1 personne sur 6 dans le monde ressent de la solitude.
- Se sentir seul ne signifie pas forcément être seul
- 1 personne sur 6 : une réalité beaucoup moins visible qu’on ne l’imagine
- Pourquoi peut-on se sentir seul avec ses amis ou sa famille ?
- Toutes les relations ne répondent pas aux mêmes besoins
- Pourquoi la solitude peut-elle être si difficile à repérer ?
- Les réseaux sociaux ont-ils changé notre rapport à la solitude ?
- Peut-on aimer être seul sans ressentir de solitude ?
1 personne sur 6 dans le monde ressent de la solitude.
C’est le chiffre publié en 2025 par l’Organisation mondiale de la Santé. Dit comme ça, on imagine facilement des millions de personnes isolées, vivant seules ou ayant très peu de contacts avec les autres.
Pourtant, la réalité est beaucoup plus complexe. On peut avoir des amis, une famille, des collègues, recevoir des messages toute la journée et même partager sa vie avec quelqu’un… tout en ressentant une profonde solitude.
Alors, pourquoi peut-on se sentir seul même entouré ? Et surtout, qu’est-ce que ce sentiment nous apprend sur nos relations ?
Se sentir seul ne signifie pas forcément être seul
C’est probablement la première distinction à faire. La solitude et l’isolement social ne désignent pas exactement la même chose.
Selon l’Organisation mondiale de la Santé, l’isolement social correspond à un manque objectif de relations ou d’interactions sociales. La solitude, en revanche, correspond davantage au décalage ressenti entre les relations que l’on a et celles dont on aurait besoin. Autrement dit, l’un peut se voir. L’autre beaucoup moins.
Une personne peut passer énormément de temps seule sans nécessairement en souffrir. À l’inverse, une autre peut avoir une vie sociale remplie et pourtant se sentir seule.
C’est justement ce paradoxe qui rend la solitude si particulière.
1 personne sur 6 : une réalité beaucoup moins visible qu’on ne l’imagine
En 2025, l’OMS estimait qu’environ 1 personne sur 6 dans le monde, soit 15,8 % de la population, ressentait de la solitude.
Ce chiffre est considérable et il devient encore plus intéressant lorsqu’on comprend ce qu’il mesure réellement :
Imaginez une soirée entre amis. Tout le monde parle. Quelqu’un raconte une histoire. Une autre personne rit. Les téléphones vibrent. Les conversations s’enchaînent. Vue de l’extérieur, personne ne semble seul. Et pourtant, l’une des personnes autour de cette table peut parfaitement ressentir de la solitude.
Pourquoi ?
Parce qu’être entouré ne signifie pas automatiquement se sentir connecté aux autres.
Pourquoi peut-on se sentir seul avec ses amis ou sa famille ?
Nous avons parfois tendance à mesurer la richesse de nos relations par leur quantité.
Combien avons-nous d’amis ?
À quelle fréquence voyons-nous notre famille ?
Sommes-nous en couple ?
Avons-nous des collègues avec lesquels nous nous entendons bien ?
Cependant, aucune de ces questions ne raconte complètement ce que nous ressentons à l’intérieur de ces relations. On peut parler avec quelqu’un tous les jours sans avoir l’impression de pouvoir réellement lui parler. On peut rire avec ses amis tout en gardant certaines choses pour soi. On peut être aimé et malgré tout ne pas se sentir compris.
Ainsi, se sentir seul même entouré n’est pas forcément contradictoire. Cela montre simplement que la présence des autres et le sentiment de connexion sont deux réalités différentes.
Toutes les relations ne répondent pas aux mêmes besoins
Il suffit d’y réfléchir quelques secondes. Nous n’attendons pas la même chose d’un collègue, d’un ami proche, d’un parent ou d’un partenaire.
Certaines relations nous permettent de rire. D’autres de nous confier. Certaines nous donnent un sentiment d’appartenance, tandis que d’autres nous permettent simplement de partager une activité ou un moment agréable. Par conséquent, avoir beaucoup de relations ne signifie pas nécessairement que tous nos besoins relationnels sont comblés. Et c’est probablement là que notre vision habituelle de la solitude atteint ses limites.
Nous regardons souvent combien de personnes entourent quelqu’un.
Alors que la question se situe peut-être davantage dans la manière dont cette personne vit ses relations.
Pourquoi la solitude peut-elle être si difficile à repérer ?
Parce qu’elle n’a pas vraiment de visage. Une personne qui se sent seule ne reste pas nécessairement chez elle. Elle peut travailler, sortir, publier des photos, discuter avec ses collègues, plaisanter avec ses amis et continuer à participer normalement à la vie sociale.
De l’extérieur, rien ne permet forcément de savoir ce qu’elle ressent. D’ailleurs, c’est peut-être ce qui explique pourquoi nous pouvons parfois être surpris lorsqu’une personne très sociable nous confie se sentir seule. Nous avions confondu ce que nous pouvions observer avec ce qu’elle ressentait réellement. Et cette différence est importante.
Les réseaux sociaux ont-ils changé notre rapport à la solitude ?
Jamais nous n’avons eu autant de moyens d’entrer en contact avec les autres. En quelques secondes, nous pouvons envoyer un message à quelqu’un situé à l’autre bout du monde, suivre le quotidien de dizaines de personnes ou discuter simultanément avec plusieurs groupes d’amis.
Pourtant, être connecté n’est pas nécessairement synonyme de se sentir connecté.
Une conversation peut être fréquente sans être profonde. Une personne peut recevoir beaucoup de messages sans avoir le sentiment de pouvoir parler de ce qui compte réellement pour elle. Cela ne signifie évidemment pas que les réseaux sociaux rendent nécessairement seuls. La réalité est beaucoup plus nuancée.
En revanche, ils illustrent parfaitement une distinction essentielle : la quantité d’interactions ne suffit pas, à elle seule, à déterminer la qualité d’un lien.
Peut-on aimer être seul sans ressentir de solitude ?
Oui, et c’est une distinction tout aussi importante. Passer du temps seul peut être choisi et apprécié. Certaines personnes ont besoin de davantage de moments seules que d’autres. Lire, marcher, réfléchir, travailler ou simplement profiter du calme peut même être agréable.
La solitude ressentie apparaît lorsque cette situation ne correspond plus à ce que la personne souhaiterait vivre sur le plan relationnel. C’est pourquoi deux personnes placées exactement dans la même situation peuvent la vivre de manière complètement différente. L’une peut apprécier cette tranquillité. L’autre peut ressentir un manque profond. Encore une fois, ce n’est donc pas seulement la situation extérieure qui compte. C’est la façon dont elle est vécue.
Finalement, le chiffre de l’OMS raconte peut-être quelque chose de beaucoup plus grand que la solitude elle-même. Il nous rappelle à quel point ce que nous voyons d’une personne ne raconte jamais toute son histoire.
La solitude n’est pas toujours l’absence des autres. Parfois, c’est l’absence du sentiment d’être réellement rejoint.










