Comment arrêter de penser au pire : la méthode qui marche
Il est 22h47. Claire fixe son téléphone. Son mari devait rentrer à 22h, et pourtant il n’est toujours pas là. Aussitôt, un film démarre dans sa tête : la route mouillée, l’accident, l’appel de la gendarmerie. Elle voudrait tellement arrêter de penser au pire, mais son cerveau refuse.
Si vous reconnaissez cette scène, cet article est pour vous. En effet, nous allons d’abord comprendre pourquoi votre esprit fait ça, puis surtout comment y remédier.
Pourquoi votre cerveau vous pousse à penser au pire
D’abord, une bonne nouvelle : ce réflexe n’est pas un défaut. Au contraire, c’est une fonction de survie.
En effet, les chercheurs parlent du « principe du détecteur de fumée ». Autrement dit, mieux vaut 100 fausses alertes qu’un seul incendie manqué. Ainsi, nos ancêtres qui imaginaient un danger derrière chaque bruit ont survécu. Par conséquent, nous sommes les descendants des inquiets.
Donc votre cerveau ne bug pas. Au contraire, il fait son travail : vous protéger, même au prix de votre tranquillité.
Arrêter de penser au pire : la vérité
Voici maintenant le point le plus important. En réalité, Claire n’a pas peur de l’accident. Ce qu’elle ne supporte pas, c’est de ne pas savoir.
En effet, le cerveau déteste le vide. Alors, il le remplit avec le pire scénario. Curieusement, imaginer la catastrophe est même rassurant, car le pire a un avantage : il est certain. Autrement dit, la rumination se déguise en préparation.
Par conséquent, le vrai problème n’est pas « je pense au pire ». En fait, c’est plutôt « je ne tolère pas l’incertitude ». Et cela, heureusement, se travaille.
Pourquoi « pense positif » ne marche jamais
Vous avez sûrement déjà essayé de chasser ces pensées. Pourtant, elles reviennent plus fort. Pourquoi ?
Tout simplement parce que réprimer une pensée la nourrit. En effet, pour ne pas penser à quelque chose, le cerveau doit d’abord y penser. De plus, « penser positif » vous demande de croire une chose que vous ne ressentez pas. Résultat : deux voix s’affrontent dans votre tête, et cette lutte épuise.
Donc la solution n’est pas de combattre la pensée. Au contraire, il s’agit de changer votre relation avec elle.
4 techniques pour arrêter de penser au pire
- Allez jusqu’au bout du scénario
D’ordinaire, votre esprit s’arrête sur l’image la plus horrible. Cependant, il ne pose jamais la question suivante : « Et ensuite ? » Alors posez-la. En effet, vous découvrirez que, même dans le pire des cas, vous feriez face.
- Triez vos inquiétudes
Ensuite, demandez-vous : « Puis-je agir maintenant ? » Si oui, agissez, puis passez à autre chose. En revanche, si aucune action n’est possible, il s’agit de rumination. Donc inutile d’y réfléchir davantage.
- Prenez du recul sur la pensée
Par ailleurs, essayez cette formule : « Je remarque que mon esprit pense que… » Ainsi, vous n’êtes plus dans le film : vous le regardez. Autrement dit, une pensée n’est pas un fait.
- Donnez rendez-vous à votre inquiétude
Enfin, réservez un créneau quotidien pour vous inquiéter, par exemple de 18h30 à 19h. Ainsi, quand une pensée surgit à midi, reportez-la. Souvent, le soir venu, elle aura perdu tout son pouvoir.
Arrêter de penser au pire, un entraînement de longue haleine
Pour finir, retenez ceci : le but n’est pas de ne plus jamais penser au pire. En effet, votre détecteur de fumée sonnera encore. En revanche, vous n’évacuerez plus la maison à chaque toast grillé.
Autrement dit, arrêter de penser au pire, c’est surtout apprendre à vivre avec l’incertitude. Peu à peu, vous remarquerez la pensée sans la croire. Et ainsi, vous retournerez à votre vie pendant que la peur, faute de carburant, s’essouffle.
À 23h02, la clé tourne dans la serrure. Batterie à plat, réunion trop longue. Claire sourit. La prochaine fois, peut-être ira-t-elle se faire un thé en laissant le film défiler sans elle.
